Que disent les données officielles du marché montréalais en ce moment ?
Les chiffres publiés par l'APCIQ décrivent le marché dans son ensemble; ils ne fixent pas le prix de votre maison. Pour la région métropolitaine de Montréal, le communiqué de septembre 2026 évoque un marché plus équilibré : moins de ventes, plus de propriétés disponibles. C'est un contexte utile pour réfléchir, pas un signal d'alarme ni un feu vert.
Voici ce que dit ce communiqué, publié par l'APCIQ :
- Les ventes ont ralenti en septembre, avec un recul de 12 % sur un an.
- L'offre augmente de 20 %, et cette hausse se poursuit depuis 14 mois consécutifs.
- L'inventaire dépasse de 18 % la moyenne des 10 dernières années, ce qui allège la pression sur les prix.
Traduction pratique : en tant que vendeur, vous avez probablement davantage de concurrence qu'il y a quelques années, et les acheteurs ont plus de choix. Cela invite à soigner la préparation, pas à paniquer.
Comment lire un communiqué de l'APCIQ sans se tromper ?
Un communiqué est un résumé. Avant d'en tirer une conclusion, prenez quelques réflexes de lecture.
- Repérez la période. Un chiffre sans mois ni trimestre ne vaut rien. L'APCIQ précise d'ailleurs que l'analyse détaillée du troisième trimestre 2026 (juillet, août, septembre) paraîtra plus tard en octobre : un communiqué préliminaire et une analyse complète n'ont pas la même profondeur.
- Vérifiez le territoire. Les chiffres visent la région métropolitaine de Montréal. Votre rue, votre quartier ou votre banlieue peuvent se comporter autrement.
- Identifiez le type de propriété. Maisons unifamiliales, plex et copropriétés ne suivent pas toujours la même trajectoire; une moyenne globale cache ces écarts.
- Distinguez variation et niveau. Une baisse de 12 % des ventes sur un an décrit un mouvement, pas un prix. Elle ne dit pas ce que vaut votre maison.
L'erreur fréquente : retenir un seul titre accrocheur (« le marché ralentit ») et décider en fonction de lui. Lisez le communiqué en entier, puis comparez-le à celui du mois précédent.
Où trouver d'autres statistiques fiables pour recouper l'information ?
Un seul communiqué ne suffit pas. Le Registre foncier du Québec produit chaque mois des statistiques afin de dégager les grandes tendances immobilières, notamment le nombre de ventes par plage de prix, le nombre de transferts de propriété et le nombre d'hypothèques. Elles sont accessibles sur la page Statistiques sur le marché immobilier de Québec.ca.
L'intérêt de recouper : l'APCIQ s'appuie sur les ventes de courtiers, alors que le Registre foncier part des transferts de propriété. Quand deux sources vont dans le même sens, la tendance est plus crédible. Quand elles divergent, c'est le bon moment pour poser une question plutôt que pour conclure.
Prenez l'habitude de noter, dans un petit carnet ou un fichier, la source, la date et le chiffre que vous retenez. Dans trois mois, vous pourrez voir ce qui a réellement bougé.
Comment distinguer la tendance du marché de la situation de votre maison ?
Le marché donne la météo; votre maison est votre trajet. Deux propriétés dans la même ville peuvent évoluer très différemment selon leur état, leur configuration, leur secteur et le moment de leur mise en marché.
C'est le rôle de l'analyse comparative de marché (ACM). Le courtier immobilier compare votre propriété aux ventes récentes de propriétés semblables dans le même secteur, notamment à partir des données de Centris et de sa connaissance du terrain. Elle peut tenir compte du type, des dimensions, de l'état, des caractéristiques, du secteur et du moment de la transaction. Sa qualité dépend toutefois des comparables et des renseignements disponibles : plus vous fournissez d'information honnête sur votre maison (travaux faits, entretien, particularités), plus l'exercice est juste.
Par exemple, si le communiqué annonce une hausse de l'offre dans la région, mais que votre secteur compte peu de maisons semblables à la vôtre, la lecture locale peut être plus nuancée que le titre régional. Seule la comparaison avec des ventes réelles proches de chez vous permet de le savoir.
Gardez aussi en tête que les préparatifs (lumière, photos extérieures, entretien saisonnier, accès à la propriété, calendrier des visites, date de déménagement souhaitée) se relient à votre projet et aux données locales actuelles, sans promesse de prix ni de délai. Pour aller plus loin sur ce volet, voyez notre article sur l'estimation des économies annuelles avant de vendre.
Quelles questions poser à votre courtier pour relier les chiffres à votre secteur ?
Un bon rendez-vous n'est pas une présentation de chiffres; c'est une conversation où vous testez la compréhension du courtier. Voici des questions utiles :
- Quelles ventes récentes de maisons semblables à la mienne, dans mon secteur, servent de comparables, et pourquoi celles-là?
- En quoi ma maison se distingue-t-elle de ces comparables (état, dimensions, caractéristiques)?
- Comment les données régionales de l'APCIQ se traduisent-elles, ou non, dans mon secteur?
- Quelles hypothèses retenez-vous, et que se passerait-il si elles changeaient?
- Quelle date de mise en marché cadre avec mon propre calendrier de déménagement?
Méfiez-vous des réponses qui promettent un prix ou un délai précis : personne ne contrôle ces résultats. Vérifiez aussi le permis de votre interlocuteur. Le Registre des titulaires de permis de l'OACIQ permet de vérifier si une personne détient un permis de courtage immobilier, d'obtenir les coordonnées d'un professionnel autorisé et de savoir s'il a déjà fait l'objet de mesures disciplinaires.
Et le bon moment pour vous, dans tout ça ?
Les statistiques éclairent le contexte, mais la décision se prend aussi à la maison. Dans une de mes vidéos, j'explique que certains propriétaires regrettent d'avoir attendu trop longtemps, réalisant qu'ils ont continué à entretenir une maison devenue trop grande, ce qui a pu nuire à leur qualité de vie. Vous pouvez la regarder ici : Pourquoi vendre sa maison au bon moment est crucial.
Attendre une hypothétique « meilleure statistique » est un piège courant : aucun communiqué ne prédit l'avenir. Mieux vaut définir d'abord votre propre échéancier (voyages, retraite, énergie à consacrer à l'entretien), puis utiliser les données pour ajuster votre stratégie, pas pour reporter indéfiniment.
Votre prochaine étape : un carnet de chiffres et une première conversation
Cette semaine, relisez le dernier communiqué en notant la période, le territoire et le type de propriété visés. Écrivez ensuite deux ou trois questions sur votre propre maison, puis demandez une analyse comparative à un courtier dont vous aurez vérifié le permis. Vous y gagnerez une vision claire, à votre rythme.
Je suis Yves Bombardier, courtier immobilier à Montréal. Écrivez-moi avec vos deux ou trois questions sur votre maison, et nous regarderons ensemble ce que les chiffres disent, ou ne disent pas, de votre secteur, à votre rythme et sans pression.
Foire aux questions
À quelle fréquence devrais-je consulter les statistiques du marché pendant que je réfléchis à vendre ?
Une consultation mensuelle suffit pour la plupart des propriétaires. Lisez chaque nouveau communiqué en notant la période, le territoire et le type de propriété, puis comparez avec le précédent. Une consultation quotidienne risque surtout d'alimenter l'anxiété sans rien vous apprendre de plus sur votre projet ni sur votre maison.
Que faire si les chiffres régionaux me semblent décourageants ?
Prenez du recul : un chiffre régional décrit un mouvement général, pas la valeur de votre maison. Notez ce qui vous inquiète, puis demandez à votre courtier comment ces données se traduisent dans votre secteur, avec des ventes comparables réelles. Vous pourrez alors ajuster votre préparation et votre calendrier sans réagir à un simple titre.
Quels renseignements dois-je rassembler avant de demander une analyse comparative de marché ?
Rassemblez tout ce qui décrit honnêtement votre maison : travaux effectués et leurs dates, entretien régulier, particularités, défauts connus. La qualité de l'analyse dépend des comparables et des renseignements disponibles, alors plus votre information est complète et franche, plus l'exercice sera juste.
Que montre le Registre des titulaires de permis de l'OACIQ sur un courtier ?
Il permet de vérifier si une personne détient un permis de courtage immobilier. Vous pouvez aussi y obtenir les coordonnées d'un professionnel autorisé et savoir s'il a déjà fait l'objet de mesures disciplinaires. Consultez-le avant votre premier rendez-vous, cela ne prend que quelques minutes.